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vendredi, 06 novembre 2009

Apathie

in vino veritas
Oh, ben ça, c’est twist alors, pourquoi elle n’est pas lestée ?


Stoooop, c’est promis, je n’irai pas plus loin dans le genre, sinon on va se croire dans le nid-de-pie du bateau des pi’ates des aventures d’Asterix. Sic Transit Gloria Mundi glouglouglou…
Avez-vous constaté l’étrange phénomène qui agite les linéaires de nos grandes surfaces depuis deux ou trois ans ? Si vous n’avez rien vu, passez immédiatement ce journal à la personne qui fait les courses dans votre famille. Parce que pour ne rien voir il faut le faire exprès. Le monde des bulles est en effervescence, c’est le moins que je puisse en dire. Le Champagne stagne, pour ne pas dire qu’il se tasse, voire qu’il la boit la tasse en ce moment. Probablement à cause d’une politique tarifaire un tant soit peu exagérément excessive.
D’autre part, les Cavas augmentent leurs parts de marché de façon vertigineuse, et c’est même pas exagéré. Ajoutez maintenant les Proseccos qui déferlent en vagues serrées et vous aurez une idée plutôt réaliste du marché actuel. Ces derniers vins seraient, d’après Ac Nielsen en progression de 80 % au cours du premier semestre. Bon, faut relativiser la chose; d’une part durant cette période le marché du Champagne est plutôt atone, d’autre part, vu les parts de marché des Proseccos au départ, même avec 80 % de progression, ça ne signifie pas encore charrette. En matière de statistique, la façon de lire les choses est fondamentale, demandez à Nicolas le Petit comment on fait.
Cela dit, pour en revenir au Cava, il serait aujourd’hui plus vendu que le Champ sur le marché national. Pour avoir un ordre d’idée, on évoque souvent un chiffre de 10 millions de bouteilles annuelles, plus encore au moins 2 millions achetées à la propriété et, peut-être 2 ou 3 millions de plus que l’on aurait oublié de déclarer aux accises. Mais ça, ce serait surprenant les contribuables, de part et d’autre de la frontière étant d’une probité proverbiale et craignant par-dessus tout la foudre des gabelous, ils ne tricheraient pas. Et puis, c’est un peu comme pour la drogue ou le blanchiment d’argent, ces bouteilles fantômes ne sont qu’une estimation au pif, le doigt levé dans le sens du vent. Mais même si on se limite à l’officiel, ça joue sur plus ou moins 12 millions de bouteilles. Même si l’on observe un tassement sérieux des ventes, si le Cava fait plus, ça commence à devenir énorme.
Certes, la crise aidant nous aurions peut-être plus de temps à consacrer à nos libations, on peut tenter d’oublier le quotidien vaille que vaille, mais quand même, ça commence à faire beaucoup. Il y a au moins deux questions sous-jacentes fondamentales à la lecture de ces chiffres. Qui consomme le Cava ? Principalement les restaurateurs. Tiens, tiens, moi qui passe ma vie au restau, jamais, ou presque, on ne me propose de Cava à l’apéro, mais bien une coupe de Champagne maison dont on omet de me présenter la bouteille régulièrement. Y aurait il un petit oubli de la part de mes camarades ? Non, pas possible, d’autant qu’avec tout le personnel qu’ils vont engager grâce à Didjé, ils vont pouvoir me montrer un tas de bouteilles pour l’apéro. Ça, c’est comme qui dirait une bonne nouvelle. L’autre question qui me vient à l’esprit, grâce à mon camarade Hervé, qu’il soit bénit, oui, oui, c’est : que foutent les producteurs de bulles franchouillardes autres que champenoises. Où sont les cohortes de crémant d’Alsace, les bataillons de Clairettes, les régiments de crémants de Loire ou de Bourgogne, voire, mais ça, c’est vraiment pas obligatoire, les brouettes de crémant de Bordeaux ? Is any body out there ? a moins que cet état de faire ne soit la triste conséquence d’une politique de communication ridicule depuis des lustres où le consommateur y perd son latin et où les prix sont largement sur estimés ? Quelles que soient les réponses, quelle triste apathie. En attendant, vu la qualité sans cesse croissante de l’offre tant en Cava, qu’en Procès Colls et autres bubulles du monde, la bonne nouvelle se situe au niveau de nos portefeuilles. Faudrait être con pour bouder son plaisir, hein ?
Eric Boschman
http://hlalau.skynetblogs.be/post/, c’est l’adresse du jour.

10:07 Publié dans Vin sur vin | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lola, vin sur vin

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