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vendredi, 06 novembre 2009

La main dans la poêle sans le poil dans la main…

L’amusant nom de l’établissement vient du fait que la plupart de ses plats sont servis directement dans une poêle


Les habitués de cette rubrique le savent bien : je nourris un coupable penchant pour la cuisine napolitaine… Aussi, lorsque je trouve un spécialiste digne de ce nom qui met en œuvre avec talents les beaux produits de la Campanie, je ne peux résister au plaisir de vous en faire part. C’est ainsi qu’en plein Bruxelles, à deux pas de l’avenue Louise, rue Lesbroussart, j’ai récemment fait connaissance avec l’incontournable patron de la Main dans la Poêle, le pétulant Ciro.
Napolitain 100 % pur jus, notre homme sait ce que la gourmandise du pied du Vésuve veut dire. Sous l’œil bienveillant du fameux Padre Pio qui veille sur sa cuisine et sans la protection duquel aucun “parthénopéen” digne de ce nom n’oserait œuvrer, j’ai pu déguster lors de ma dernière visite une série de produits qui m’ont incontestablement replongé dans la plus délicieuse des ambiances d’Italie méridionale.
L’amusant nom de l’établissement vient de la décision prise par le patron de servir la plupart de ses plats directement dans une poêle, en provenance directe d’une cuisine ouverte sur la jolie salle pour le plus grand plaisir des convives. Mais le premier secret de ce cuisinier aussi exubérant que sympathique, c’est d’abord l’utilisation de matière première des meilleures origines, importées directement par ses soins du sud de l’Italie. Ainsi, la succulente “Scarmorza” (10 €), une spécialité apparentée à de la mozzarella et présentée ici en fine lamelle fondue dans une savoureuse tombée de tomate et à déguster en y trempant de gros morceaux d’un vrai pain comme on n’en trouve plus suffisamment ou encore, dans le même esprit la “provola” un délicieux fromage fumé, préparé “in carroza” (13 €), c’est-à-dire panné et sauté, aussi délicieux que parfumé.
Au chapitre des pâtes, comment ne pas évoquer les splendides “Spaghetti Cicio Bello” (18 €), parfaitement cuit “al dente”, flanqué d’une délicieuse saucisse napolitaine authentique et agrémenté d’une sauce aux délicieuses “pomodorini”, ces inimitables petites tomates de collines aussi parfumées que puissantes. Ou encore les véritables “Penne Amatriciana” (15 €) élaborés ici dans les règles de l’art, c’est-à-dire avec une sauce tomatée et relevée de morceaux de “guanciale” (la joue de porc traitée en salaison) et non pas, comme dans trop de mauvaises gargotes, avec de banals lardons. Dans le même esprit, les “fusilli alla mozarella” (18 €) sont ici présentés avec le plus délicieuse des “buffala”, une des meilleures que j’ai goûtées en Belgique, tandis que la “Lasagne Princesse” (20 €) est relevée d’une “tartufatta” aussi goûteuse qu’équilibrée.
Enfin, je serais totalement négligent si je ne citais pas l’une ou l’autre réussite comme le “chou royal” (16 €) digne des palais les plus exigeants ou encore l’”Osso Bucco” (18 €) à mille lieues des standards du genre.
Attention toutefois : les préparations ici évoquées ne le sont qu’à titre exemplatif car la carte ou, plutôt dans ce cas-ci, le tableau, change régulièrement au gré de la fantaisie du chef et des apports de la saison.
Pour déguster tout cela, au-delà de la salle principale curieusement agrémentée d’un bar qui tourne le dos à la vitrine, je m’en voudrais de ne pas signaler les deux salles du bas, l’une aussi chaleureuse qu’amusante, avec ses nombreuses évocations du célèbre comédien napolitain Toto et l’autre, dans son prolongement, avec sa grande table conviviale blottie entre les caveaux à bouteilles et les charcuteries en train de sécher sous un étonnant ciel peint en trompe-l’œil.
Avec une très belle sélection des meilleurs crus du Sud (et du reste) de la Botte, une adresse franchement incontournable lorsqu’on aspire à un peu de soleil dans l’assiette, l’estomac et… le cœur !
Philippe Bidaine
La Main dans la Poêle, 122 rue Lesbroussart à 1050 Bruxelles. Tél et fax : 02/648 90 32. Fermé le samedi midi et le dimanche.

10:07 Publié dans Vin sur vin | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lola, vin sur vin

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