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jeudi, 05 novembre 2009

“T’as sept vies, maman !”

histoire vraie

09_38_01_365541000_JE_SUIS_SORTIE-BANDE.jpgDans son coma, Krystel voit et entend les choses hors de son corps…


La première vie de Krystel Cahanin-Caillaud s’est terminée quelques jours avant de passer son bac. Elle avait à peine 18 ans. Elle avait la jeunesse et l’insouciance. Avec des amis, ils embarquent en voiture. Direction : les étangs. On est alors le 8 juin 1992. Il fait chaud. Ils s’amusent. Ce que Krystel ne savait pas, c’est que ce jour-là, elle est “morte. Ma vie a basculé. Je voyais mes amis dans le champ. Et moi, je me voyais en bon état, sans égratignure, je criais et personne ne m’entendait. Et puis, je me suis vue allongée par terre. Les vêtements déchirés et plein d’égratignures…” Elle est alors transportée à l’hôpital et ses parents sont prévenus. Elle est alors maintenue en vie par les machines. Or, elle se voit et voit ses proches. Elle ne comprend pas. Et puis, elle voit les médecins parler à sa mère, en pleurs. Elle comprend ce qui lui arrive. Mais elle est bien là. Elle se voit, indemne. Mais elle se voit aussi, entubée de toutes parts, maintenue en vie, artificiellement.
Dans le coma, elle voit tout et entend tout. “Ma mère a par exemple découvert, devant mes yeux et ceux de mon père que je fumais et que je prenais la pilule ! Elle avait tout retrouvé dans mes effets personnels. Et, de là où j’étais contente car ils ne pouvaient pas me réprimander !”, sourit Krystel.
09_37_52_661490000_Krystel_2.jpgElle a tout vu. Tout senti. Tout perçu. “Je voyais mes fils, des machines, des infirmières et des médecins qui s’activaient. Je voyais mes proches. Certains m’ont confié certaines choses… Je me raccrochais aux fils…”
Sortie du coma, Krystel Demande à sa mère si ce qu’elle a vu est vrai. Elle lui confirme tout. Mais malgré tous les souvenirs qu’elle a lors de son coma, Krystel a beau essayer de se souvenir, elle ne se souvient plus rien concernant sa vie avant l’accident…
Elle doit tout réapprendre : marcher, parler, écrire… Et enfin, passer son bac. Mais ça n’a pas toujours été facile. “On s’est pas mal moquée de moi. On me prenait pour une abrutie, notamment chez l’esthéticienne. Ca n’a pas toujours été facile. Mon examen d’anglais, pour le bac, n’a pas été une partie de plaisir… La prof ne comprenait pas pourquoi je passais mon bac puisque j’étais handicapée…”
Et, aux résultats du bac, tout lui revient : les souvenirs des Noël, la complicité avec sa grande sœur, ses cascades qui lui ont valu le surnom de bulldozer…
“Ma deuxième vie a été très difficile à accepter. Je dis deuxième vie parce qu’il y a vraiment deux vies : celle avant l’accident, et celle avec le handicap. Mais au moment où on arrive à en parler, à mettre des mots dessus, on accepte beaucoup plus, même si ça reste dur à porter.”
Pour Krystel, le handicap est parfois dur à vivre. Mais elle se bat. Le début de sa “deuxième vie, en tout cas la deuxième vie heureuse” a été marquée par la rencontre de Bruno, le papa de ses “deux miracles, des jumeaux : Arthur et Loïc.”
Quand on demande à Krystel si ses enfants savent son parcours, elle opine du chef : “Mes enfants sont au courant. Je leur ai beaucoup parlé. L’un d’entre eux m’a dit un jour : C’est cool, maman. T’es comme Dragon Ball Z, t’as sept vies !”

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