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vendredi, 13 novembre 2009

Beaujolais nouveau, pourquoi tant de haine ? (1/2)

in vino veritas

Il faut se préparer mentalement, c’est pour bientôt


Les raisins de la colère peuvent être nombreux, les raisons de la désaffection sont toutes aussi nombreuses. Et pourtant, pourtant il y a quelques belles choses à sauver avant de jeter bébé et l’eau du vin.
AUX DÉBUTS ÉTAIENT LES VINS NOUVEAUX
Le vin nouveau est une réalité historique. En matière d’élaboration des vins, c’est même une des réalités les plus tangible. Pour où commencer, car il faut faire un brin d’histoire avant d’aller plus loin ?
Bon, pour faire simple, lorsque l’homme s’est mis à élaborer du vin, même si aux origines élaborer semble un bien grand mot, il ne possédait aucun moyen de le conserver. On peut même se dire qu’il ne savait pas qu’il fallait le protéger de l’oxygène. C’est pour cela que la consommation des vins dès l’antiquité était liée au mélange de certains produits, qu’il s’agisse d’herbes, d’aromates, de fruits, d’épices voire d’eau douce ou salée. Le vin “pur “était réservé aux consommations particulières. Ce vin se consommait en l’état, tant pis s’il virait en un tas de choses plus ou moins immondes. Si l’on se penche sur les processus d’élaboration du divin nectar, on se rend vite compte que son exposition à l’oxygène entraîne le développement de bactéries et d’acides particuliers, le vin devient plus ou moins rapidement du vin aigre. Autrement dit, depuis les origines, le seul vin “consommable” dans des conditions plus ou moins optimales est le vin nouveau. Aie ! Pour les “connaisseurs” pour qui il est de bon ton de froncer le nez à l’évocation du beaujolais nouveau, ça commence à la foutre mal, on parle quand même d’un truc qui a duré pendant quelques millénaires. En effet, ce n’est qu’à partir du XVIIIe siècle que l’on va trouver des moyens de conservation facilement utilisables. Entre autres, le souffre. Ce fameux souffre qui fait tant souffrir les jambes de belle-maman à chacune de ses absorptions de vin blanc. Enfin, de mauvais vin blanc. Sans soufre, point de conservation. Certes, aujourd’hui il existe quelques produits de substitution mais leur mise au point n’est pas encore tout à fait parfaite. Il est toujours extrêmement complexe d’élaborer des vins à zéro souffre.
MAIS IL N’Y A PAS QUE LE BEAUJOLAIS QUI SOIT NOUVEAU
Dans les régions de l’ancien monde, chez nous quoi, il est de tradition de fêter l’arrivée du vin nouveau. Non pas en tombant dans les délires commerciaux qui ont failli couler le beaujolais, mais il ne s’agit pas que d’une plaisanterie marketing. Allez donc en Alsace cette fin d’automne, vous aurez l’occasion de déguster dans les winstubs du vin nouveau encore en fermentation. Même à Bordeaux, région que l’on pourrait croire si souvent déshumanisée au profit des banksters, on trouve, chez les survivants des bouteilles de bourru, du vin qui, comme son nom l’indique si bien, est encore “bourru”, pas terminé quoi. Je pourrai vous faire une longue démonstration région par région du phénomène, mais ce n’est ni le lieu, ni l’instant. Quoi qu’il en soit, le vin nouveau est une réalité. Il est même un grand moment. Quand on goûte le premier jus au pressoir, on a une idée de la qualité de l’année, ou pas loin. Quand on goûte le premier moût (le jus qui fermente), on a déjà une idée de ce que cela pourra donner. C’est une photo, mais c’est aussi une première récompense pour le vigneron qui vient de passer un an à bichonner ses vignes, leurs feuilles, leurs raisins et qui joue tout sur une période de quelques semaines. En fait, le vin nouveau est, quelque part, une récompense, une communion avec les origines du produit. Voilà pour l’histoire… (A suivre)
Eric Boschman

14:35 Publié dans Vin sur vin | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vin sur vin, lola

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