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vendredi, 27 novembre 2009

Ces profs qui traumatisent

Les punitions corporelles sont interdites chez nous. Elles font pourtant débat.


Lundi, la Libre ouvrait un débat délicat sur les punitions infligées aux élèves. Faut-il les autoriser ou les bannir ? Le quotidien cite l’exemple d’une maman d’élève à Louvain qui a dénoncé voici quelques mois, des sanctions “dignes du Moyen-Âge” infligées aux élèves de l’école de sa fille. Dans l’établissement, porter un bonnet d’âne pendant toute une semaine ou plonger la tête dans un seau d’eau auraient été des pratiques en vigueur. Cet exemple n’est pas isolé. Il y a tout juste un an, les médias diffusaient une vidéo choquante réalisée avec le téléphone portable d’un élève d’une école de Hoegaarden. On y voyait un professeur crier sur un adolescent et lui enfoncer la tête dans un seau contenant du ciment…
Certes, le métier de prof est loin d’être facile et un coup de sang est vite arrivé. Les élèves ont l’obligation de respecter leurs enseignants. Néanmoins, ce droit au respect n’implique certainement pas que l’adulte use de la violence physique sur les enfants au risque de peut-être les traumatiser à vie.
En Belgique, les châtiments corporels sont interdits et punissables. “Si les punitions physiques sont interdites c’est pour une bonne raison”explique le docteur Matot, pédopsychiatre et chef du service pédopsychiatrie à l’hôpital Universitaire des enfants Reine Fabiola. Heureusement, le médecin ne rencontre que rarement des enfants qui ont été victimes d’une telle démesure. “La punition corporelle est inacceptable dans le cadre scolaire. Il peut évidemment arriver qu’un enseignant se sente débordé et qu’une gifle parte ... C’est alors à la direction et au centre PMS de voir comment aider le professeur, le groupe classe et l’élève ppour que cela ne se reproduise pas.” Et le docteur Matot de poursuivre : Si des punitions corporelles étaient pratique courante et tolérée dans un établissement scolaire, les parents auraient à saisir la justice”. Face à une autorité éducative qui use de violence physique, l’enfant peut développer trois types de comportements face à l’autorité : “ Soit il va se soumettre à une autorité abusive au détriment de son estime de lui-même ; soit il aura une attitude de rejet de toute autorité. Troisième cas possible, l’enfant peut s’appuyer sur l’intervention d’autres adultes pour faire la part entre l’autorité abusive et celle qui l’aide dans son développement personnel.” Si les punitions physiques ont un impact psychologique sur l’enfant qui les subit, elles sont, selon le professeur Matot, le signe d’un échec pédagogique “Un prof qui donne ce genre de punition est un prof qui abuse de son statut, de sa position éducative. Cela altère la confiance que l’enfant a dans l’adulte : une personne réfléchie, qui contient ses débordements, fait des compromis. En arriver là est un échec dans sa mission d’éducation .”
Nous avons donné la parole à des personnes de tout âge. Certaines d’entre elles ont connu les coups de règle sur les doigts et le port du bonnet d’âne… Si elles ne remettent pas en cause l’autorité des enseignants et le respect que leurs doivent les élèves, toutes s’opposent franchement à toute forme de violence physique.
L.K et J.N

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