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vendredi, 27 novembre 2009

Et les prix dans tout ça ?

De bonnes affaires à faire... mais c’est quand même un peu loin


Le Beaujolais nouveau vient d’arriver et c’est une bonne nouvelle, enfin, tout bien réfléchi c’est quand même le signal clair que l’hiver est à nos portes. Et pendant ce temps-là, de l’autre côté de l’Atlantique, c’est la déferlante ! en effet, le plus gros vendeur de grands crus classés bordelais aux States, une filiale de Diageo, le plus grand groupe de spiritueux mondial, vient d’annoncer qu’il arrêtait de jouer. C’est qu’au pays de la libre entreprise (on le prétend) vendre du vin n’est pas une sinecure, loin s’en faut.
D’une part, il faut des licences différentes pour chaque état. Et, hormis dans le district de Columbia, où se trouve Washington, il est impossible d’être à la fois importateur et vendeur sous la même entreprise. Ajoutez à cela une administration tatillonne comme on en fait plus et un climat de plus en plus favorable à une nouvelle prohibition, vous aurez déjà une vague idée du paysage. Mais ce n’est pas tout, il est vraiment difficile de vendre un vin qui n’est pas passé sous les fourches caudines d’un des grands magazines spécialisés en vin du pays. C’est hallucinant, de voir l’influence de mes collègues outre-atlantique, j’en rêve. Vous imaginez le coup ici ? pas de vente si pas d’article dans In Vino Veritas ou une chronique dans votre DH ? Certes, ce serait le bonheur pour les rédacteurs, mais ça voudrait dire que vous n’êtes même plus foutu de vous faire une opinion par vous-même. Dramatique ! Mais ce n’est pas pour des raisons philosophiques que la maison jette le gant, ce serait trop beau. Non, elle arrête à cause de la concurrence sauvage.

C’est trop concurrentiel pour eux. Mais alors, dans le genre bien rigolo, les braves ont décidé de solder, ou pas loin, leurs grands crus. Et là, ça déchire sa race grave ! pour vous donner une idée, on trouve actuellement les grandes marques, pardon, les grands noms, de Bordeaux au même prix en dollars qu’en euros. Si vous avez une vague idée du change, vous pouvez imaginer la différence de prix. Et comme cette entreprise avait des stocks plus que conséquents, on peut dire que le marché va être inondé au moins pour les six mois à venir. Donc, s’il vous reste quelques menues monnaies, et que vous avez un ami sûr qui ne boit pas au pays de l’oncle Barrack, c’est le moment de passer commande. D’autant que les derniers millésimes sont surnuméraires, pour soutenir des prix qui ne le méritaient pas pour certains et pour alimenter une belle spéculation dans le cas des 2005 par exemple, un grand nombre d’acheteurs s’est couvert à outrance de grands crus.
Eric Boschman

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