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mercredi, 02 décembre 2009

Les enfants et le sida

ruban-sida2.jpgLe VIH n’est (malheureusement) pas qu’une maladie d’adultes. Il touche également de nombreux enfants dans le monde. Le Dr Jack Levy, chef du département pédiatrie au CHU Saint-Pierre et spécialisé dans les maladies infectieuses, estime qu’il “doit y avoir moins de 300 enfants concernés par la maladie en Belgique, dont 140 sont suivis à St-Pierre”.


Comment un enfant peut-il être contaminé par le sida ?
“Au début de l’épidémie, il y avait des infections par injections… Depuis lors, les choses ont évolué, contextualise le spécialiste. Toutes les précautions sont prises. Actuellement, la transmission se fait exclusivement de la mère à l’enfant. C’est une transmission verticale. Elle peut avoir lieu pendant la grossesse, pendant l’accouchement et/ou durant l’allaitement maternel. Quand on ne fait rien, le risque de transmission est évalué à 40 %. Il retombe à 2 % si l’on prend des précautions comme l’allaitement artificiel et la prise d’antiviraux durant la grossesse. C’est un des domaines pour lesquels on a fait le plus de progrès ces dernières années ! Si le diagnostic est posé tôt et que la mère suit le traitement adéquat, on peut avoir une chance supérieure à 98 % que le bébé ne soit pas infecté !”

Le traitement pour les jeunes atteints du sida est-il similaire à celui de l’adulte ?
“Un bébé n’est pas un adulte en miniature, souligne le chef du service pédiatrie du CHU St-Pierre. Par conséquent, ce sont les mêmes médicaments qui sont administrés à l’enfant mais dans des dosages différents et dans un mode d’administration adapté. Pour près d’un tiers des bébés qui naissent avec le virus, la maladie peu évoluer très rapidement et des symptômes graves peuvent apparaître rapidement. On traite donc l’enfant très précocement pour empêcher toute forme rapide de la maladie.”

Y a-t-il un suivi psychologique des adolescents qui prennent conscience de leur sexualité et donc de la maladie ?
“C’est une de nos tâches importantes. Mais le suivi psychologique n’est pas que pour les adolescents, corrige le médecin. Dès petits, les enfants savent qu’ils ont une maladie chronique. À un moment donné, il faut leur expliquer la maladie, les mesures de prévention… C’est une tâche qui se fait sur de nombreuses années. Tous les enfants mais aussi les parents bénéficient d’un soutien médical, psychologique et social. Le soutien psychologique est nécessaire dès l’enfance. C’est important pour aider l’enfant à grandir avec la maladie, pour le soutenir quand il apprend la maladie, pour l’aider à l’accès à la vie sexuelle et affective… Ces derniers mois, on a mis en place différents modèles de prises en charge; dernièrement, des rencontres entre enfants, soutenues par le personnel soignant ont vu le jour. Différents aspects y sont abordés.”

Y a-t-il des réunions avec la classe de l’élève pour les informer de la maladie et de ses implications ?
“Comme pour toute maladie, l’ensemble de la maladie appartient au patient. Quand il n’y a pas de raison médicale, chacun vit avec ses problèmes de santé et il n’y a pas la nécessité d’informer. Par contre, dans une série de circonstances, la nécessité s’impose. À savoir, la crèche, l’école et le pensionnat doivent être informés pour le bien-être de l’enfant. Dans ces cas-là, on rencontre les intervenants (directeur, professeur, médecin scolaire…). Mais on ne parle pas de façon ouverte en classe de la maladie déjà fort stigmatisée, comme beaucoup d’autres maladies.”
L.C.C.

11:06 Publié dans Kids | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kids, sida, lola

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